Les crédits immobiliers ont fortement reculé en 2012, la somme des prêts immobiliers accordés a baissé de plus de 31% par rapport à la même période l’an passé. Comment expliquer cette forte baisse des crédits, alors que les taux d’intérêts sont actuellement très bas ?

Certains pointent du doigt les conditions d’obtention des crédits, qui se sont durcies ces derniers temps. Les banques mesurent en effet le risque qu’elles prennent en accordant un crédit, étudient notamment le taux d’endettement des ménages, et face à un pouvoir d’achat parfois en baisse ou un dossier fragilisé par le contexte économique et financier, leur verdict est strict. Preuve de ce durcissement, de nombreux dossiers de crédit ont fait appel à la caution solidaire comme une garantie de prêt.

Cependant les banques ne doivent pas être accusées d’être responsables à elles seules de la baisse des crédits immobiliers.

D’une part la baisse des taux d’intérêts des crédits immobiliers peut être perçue comme un signe de bonne volonté de la part des banques, et d’autre part il faut prendre en compte d’autres paramètres, qui jouent un rôle important :
– le moral des potentiels emprunteurs : un contexte financier anxiogène, une hausse du chômage, des prix à la consommation qui augmentent, des licenciements économiques pèsent sur la perception qu’ont les ménages de leur pouvoir d’achat et de leurs perspectives d’investissement,
– une anticipation de baisse des prix de l’immobilier,
– une inquiétude concernant une éventuelle revente du bien compliquée par la crise.

De plus l’Agence Nationale pour l’Information sur le Logement (ANIL) note que ce fort recul est calculé par comparaison avec 2011, une année qui avait été favorables aux transactions immobilières et donc avait été marquée par de forts montants de crédits.

Ainsi, cette situation paradoxale, avec un recul des crédits immobiliers malgré des taux d’intérêts à un niveau proche des plus bas historiques, ne peut s’expliquer simplement par le durcissement des conditions d’obtention des crédits accordés par les banques.